Colloquium d'études supérieures en composition et création sonore avec Max Boutin

vendredi 23 janvier 2026, 12:30 à 13:30
En personne
Gratuit
Faculté de musique
Pavillon de la Faculté de musique, 200, avenue Vincent-d’Indy , b-379
Montréal (QC)  H2V 2T2

Description


Maxime Boutin

Approche texturologique de la surface urbaine : le skateboard comme interface haptique et instrument de production sonore

Avez-vous déjà remarqué la richesse cachée du sol de notre ville ? De la beauté qui se loge dans ses fissures et sa porosité ? On prête rarement attention à ce qui se trouve sous nos pieds. Pourtant, ces surfaces nous offrent, à chaque nouvel espace, un tableau dont l’esthétique est surprenante, une composition de matérialités multiples, de variations de textures, de motifs, de rythmes et de couleurs, en constante évolution.

C’est justement l’univers que cherche à rendre visible la texturologie, et à travers le skateboard, à la rendre audible. La ville est un immense territoire, un assemblage infini de pavés, de roches et de béton, un espace de résonance frictionnelle avec le skateur qui en fait une expérience sensible, une expérience de glisse et de dérive. Il est comme le diamant d’un tourne-disque qui parcourt les sillons de la texture urbaine. Il suit des trajectoires où sa rencontre avec le terrain produit des rythmes et des sonorités empreints de musicalité, et lui confère une connaissance incarnée du territoire, tactile, géohaptique.

Cette présentation sera l’occasion de découvrir le champ des pratiques sonores et musicales du skateboard inhérentes au mouvement des Skate-Arts dans laquelle s’inscrit l’installation visuelle, sonore et haptique Texturologie vibratoire de Max Boutin.

Max Boutin est un artiste-chercheur pluridisciplinaire basé à Montréal, il poursuit actuellement un postdoctorat en composition musicale au Laboratoire Formes.Ondes de la faculté de Musique de l’Université de Montréal, où il approfondit une approche subjective et sonore du skateboard. Son travail est soutenu par Hexagram, le réseau de recherche en arts, cultures et technologies dont il est membre depuis 2019, et par les Fonds de Recherche du Québec (volet société et culture).

Sa thèse publiée en 2025 explore la texture et les motifs des surfaces urbaines à travers la subjectivité du skate, pensé à la fois comme interface géohaptique et comme instrument de « musique » permettant d’interpréter et de « jouer » la ville en révélant des sonorités cachées. Ce contexte académique l’a conduit à réaliser Texturologie vibratoire, une installation expérientielle qui propose une transposition sensorielle où le public peut, l’espace d’un instant, vivre l’expérience texturologique du skate. Cette œuvre immersive a été présentée à l’Agora du Cœur des Sciences (Montréal, 2022), à Ars Electronica (Linz, Autriche, 2023) et au Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) en 2025.

Ses travaux s’inscrivent dans le champ émergent des Skate-Arts, un mouvement artistique qu’il a récemment cartographié dans sa thèse, au sein duquel les pratiques et les œuvres reflètent les enjeux et contextes du skateboard. Il contribue également aux skate studies, un domaine de recherche académique international et transdisciplinaire consacré aux études du skateboard.

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