Soutenance de thèse de Julie Karmann

mardi 20 janvier 2026, 09:00 à 12:00
Hybride
Gratuit
7101, avenue du Parc , 3e étage, 3165
Montréal (QC)  H3N 1X9

Description


De l'environnement à la santé sociale: une étude mixte sur la marchabilité connective chez les parents montréalais

 

Présentée par Julie Karmann, candidat·e au doctorat en santé publique option promotion de la santé.

 


Composition du jury :

Louise Potvin, Présidente-rapporteuse

Yan Kestens, Directeur de recherche

Sylvie Miaux, Codirectrice de recherche  

David Kaiser, Membre du jury

Maxime Felder, Examinateur externe

Charles Dupras, Représentant du doyen 


 

Résumé :

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence combien le lien avec l’autre, la connectivité, était essentiel à notre santé sociale. La connectivité sociale, est en particulier importante pour la santé sociale des parents (it takes a village to raise a child), connait pourtant, sous l’effet de modes de vie de plus en plus individuels, mobiles et virtuels, un déclin. Parmi les interventions structurelles mises en œuvre pour pallier l’effritement de la connectivité sociale figure la promotion de la marchabilité. Des environnements marchables seraient en effet plus sociables, la marche favorisant le lien social. La relation entre marche, marchabilté et connectivité sociale reste pourtant peu démontré à ce jour. En empruntant aux champs de la santé publique, de l’anthropologie, de la géographie et de l’aménagement, cette thèse de doctorat se propose de plonger dans le quotidien de parents afin de comprendre dans quelles mesures l’environnement et la marche de tous les jours contribuent à la connectivité sociale pour ces derniers, à Montréal. Ce travail s’articule suivant un devis mixte séquentiel exploratoire appuyé sur le projet INTERACT qui a pour objectif de saisir l’impact des interventions urbaines sur l’activité physique, la participation sociale et l’équité. Une première étude post-phénoménologique a permis d’explorer la dimension connective de la marche de tous les jours ainsi que les types de connectivité sociale que cette dernière mobilisait. Cette étude a été conduite à l’aide d’entrevues marchées (go-along) et d’entrevues semi-dirigées, auprès de 26 parents issus de la cohorte INTERACT. Les résultats montrent que la dimension connective de la marche s’articule autour de : a) l’incorporation de l’environnement et de ceux qui l’habitent; b) la rencontre ainsi que c) les marches partagées. Ces processus supportent en retour le sentiment d’appartenance, la cohésion sociale ainsi que le capital social. Les données de ce premier travail ont alimenté une seconde étude dont l’objectif était d’identifier cette fois les motifs environnementaux qui soutiennent la marche de tous les jours chez les parents, en particulier la dimension connective de cette marche, en une « marchabilité connective ». Les résultats révèlent que la marchabilité connective fait appel à trois dimensions : a) sécuritaire; b) intime; et c) stimulante. Les résultats de cette deuxième étude ont été finalement traduits, au travers d’un ultime travail, en une mesure de marchabilité connective, dont la relation à la cohésion sociale, ainsi que l’effet médiateur de la marche ont été testés à travers un modèle d’équation structurelle. Ce modèle a été alimenté avec les données des 265 parents ayant pris part au premier volet montréalais de l’étude INTERACT. Les résultats montrent que la marchabilité connective peut être mesurée en incluant, en plus des traditionnels indicateurs de densité, destinations, et d’infrastructure piétonne, des indicateurs relatifs à la rythmicité du tissu urbain ainsi qu’à l’échelle des commerces. Le chemin causal marchabilité connective, marche de tous les jours, cohésion sociale n’est toutefois pas démontré. Ce travail de doctorat identifie de possibles cibles environnementales d’intervention capables de promouvoir des quartiers connectifs et plus largement, la santé sociale. Dans un contexte où le capitalisme érode le lien social, accroit les inégalités sociales et étouffe la planète, ce travail pose la marche comme un acte de santé sociale, de résilience mais aussi de résistance.

 


Abstract :

The COVID-19 pandemic has underscored the critical role that social connections play in our overall health. This is particularly true for parents, for whom social connectedness is essential to raising children, as the saying goes, "it takes a village to raise a child". Yet, social connectedness is steadily diminishing due to increasingly individualistic, mobile, and digital lifestyles. One intervention aimed at reversing this trend is the promotion of walkability, based on the belief that walkable environments foster social interaction. However, the direct link between walking, walkability, and social connectedness is still not fully established. This doctoral thesis draws on insights from public health, anthropology, geography and urban planning to explore the daily lives of parents and assess how the built environment and everyday walking contribute to social connectedness in Montreal neighborhoods, specifically among parents. The research follows a mixed sequential exploratory design and is part of the INTERACT project, which examines the effects of urban interventions on physical activity, social connectedness, and equity. The first phase of the research, a post-phenomenological study, explored the connective dimension of walking from the perspective of its associated sociality and the types of social connectedness it facilitates. This work involved walking interviews and semi-structured interviews with 26 parents from the INTERACT cohort. The findings suggest that walking enacts sociality by: a) fostering the embodiment of the environment; b) enabling encounters; and c) facilitating shared walks. These interactions support a sense of belonging, social cohesion, and the development of social capital. The results from the first study informed a second phase aimed at identifying the environmental factors that encourage daily walking, with a specific focus on its connective dimension, forming the basis of a “connective walkability”. This research identified three key urban dimensions of connective walkability: a) safety; b) intimacy; and c) stimulation. The final phase of the thesis aimed at translating the previous results into indicators to build a "connective walkability measure" and test its relationship to social cohesion, including the mediating role of everyday walking, using a structural equation model. Data from 265 parents involved in the Montreal arm of the INTERACT study were used to test this model. The results show that connective walkability can be measured by including, in addition to the traditional indicators of walkability (density, destinations, pedestrian infrastructure), indicators related to the rhythmicity of the urban fabric and the scale of commerces but didn’t establish the causal link between connective walkability, everyday walking and social cohesion. This doctoral work identifies potential environmental intervention targets that could promote connected neighborhoods and, more broadly, social health. In an era where capitalism undermines social bonds, exacerbates inequalities, and damages the planet, this thesis frames walking as an act of social health, resilience, and resistance.

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