Soutenance de thèse de Dieudonné Kazadi Mwamba
Description
Améliorer la gestion des épidémies de la maladie à virus Ébola à travers l’engagement communautaire et la prise en compte de la détresse psychologique dans une approche « Une seule santé » en République démocratique du Congo
Soutenance de thèse présentée par Dieudonné Kazadi Mwamba, candidat au doctorat en santé publique, option santé mondiale.
🗓️ 15 octobre 2026, à 9h
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Composition du jury :
Roxane Borgès da Silva, Présidente-rapporteuse
Christina Zarowky, Directrice de recherche
Grégory Moullec, Codirecteur de recherche
Pierre-Marie David, Membre du jury
Sylvain Landry Faye, Examinateur externe (Université Cheikh Anta Diop)
Diane Lamarre, Représentante du doyen
Résumé :
Contexte : La maladie à virus Ébola (MVE) est l’une des urgences sanitaires les plus graves en République démocratique du Congo (RDC). Depuis la première épidémie documentée en 1976 à Yambuku, le pays a enregistré seize flambées successives de nouveaux cas. Malgré des progrès biomédicaux significatifs, les stratégies de réponse restent insuffisamment ancrées dans les réalités communautaires et psychosociales des populations touchées. La dimension zoonotique de la MVE rend par ailleurs indispensable une approche multisectorielle au-delà de la santé humaine.
Objectif : L’objectif de cette thèse est d’analyser l’engagement communautaire et la prise en compte de la détresse psychologique, intégrés dans le cadre de la politique nationale « Une seule santé », dans la gestion des épidémies de MVE en RDC.
Méthode : Pour ce faire, nous avons adopté une approche qualitative avec une étude de cas descriptive et interprétative multisites conduite dans trois provinces en RDC. Il s’agit de la province de Kinshasa (siège institutionnel de la riposte), de Kasaï (contexte rural avec ancrage culturel fort) et du Nord-Kivu (contexte de conflit armé). La collecte de données a mobilisé 83 entretiens individuels, cinq groupes de discussion (n = 40) et une observation non participative. Une revue documentaire comparative de douze rapports de gestion des épidémies de (2007 à 2025) a été menée et les différents documents de stratégie, de politique de surveillance des zoonoses, d’engagement communautaire et de l’approche « Une seule santé » ont été exploités. Nous avons utilisé le cadre MATCH (Multilevel Approach to Community Health) adapté, en y intégrant les principes de l’approche « Une seule santé », puis structuré une analyse thématique sous Atlas.ti.
Résultats : Les analyses nous ont permis d’identifier quatre résultats principaux. Premièrement, la détresse psychologique, la peur et la stigmatisation constituent des obstacles structurels à la participation communautaire. Deuxièmement, les acteurs institutionnels reconnaissent la pertinence de l’approche « Une seule santé », mais l'opérationnalisation de la politique nationale est freinée par des déficits de gouvernance intersectorielle et un manque de formation des agents. Troisièmement, l’analyse longitudinale des épidémies 2007-2022 révèle une amélioration progressive de l’engagement communautaire corrélée à une meilleure efficacité de la riposte. Quatrièmement, la gestion de la 16ᵉ épidémie à Bulape (2025) illustre comment des stratégies participatives culturellement ancrées et soutenues par le Système de Gestion de l’Incident (SGI) permettent de contenir une flambée en moins de trois mois.
Conclusion : Ces résultats confirment que l’efficacité de la réponse aux épidémies de MVE ne peut reposer sur la seule expertise biomédicale. Ils plaident pour l’intégration systématique de l’engagement communautaire, du soutien psychosocial et d’une gouvernance intersectorielle fondée sur l’approche « Une seule santé ». Cette thèse propose un modèle opérationnel à trois niveaux susceptibles d’améliorer durablement la résilience du système de santé congolais face aux épidémies.
Mots-clés : Epidémie, Maladie à virus Ebola, Engagement communautaire, Une seule santé, Détresse psychologique