à 

Information et billets

535, avenue Viger Est
Montréal (QC) Canada

Borduas à visage découvert 

Figure centrale de l’art québécois et canadien, Paul-Émile Borduas a été le chef de file du mouvement automatiste, l’un des courants les plus féconds de la peinture d’avant-garde de l’après-guerre en Amérique. En s’appuyant sur les recherches les plus récentes en histoire de l’art, le conférencier se propose de revisiter, à l’aide des écrits du peintre et de sa correspondance, certaines des œuvres clés qui ont façonné sa relation passionnée à l’art. Seront ainsi abordées les principales étapes de son parcours : ses années de formation à l’École des beaux-arts de Montréal au milieu des années 1920, son exposition de gouaches « surréalistes » au foyer de l’Ermitage en 1942, son action revendicatrice au sein du groupe automatiste durant les années 1940, son départ volontaire pour Provincetown et New York en 1953, puis son installation définitive à Paris, où le peintre mourra prématurément en 1960.

Les échos de Refus global : d’hier à aujourd’hui

Réuni autour du peintre Paul-Émile Borduas, un groupe de jeunes artistes peu connus, les Automatistes, lance le 9 août 1948 un manifeste au titre provocant : Refus global. Pour les signataires qui refusent l’héritage d’une société tournée vers son passé, il faut désormais entreprendre une transformation profonde des sensibilités, « faire place à l’amour, aux mystères objectifs, à l’anarchie resplendissante ». Écrit avec une vigueur et un souffle libérateurs, Refus global marque l’un des temps forts de l’accession du Québec à la modernité. Au cours de cette deuxième conférence, nous nous pencherons sur l’histoire singulière de ce livre phare de la culture québécoise qui n’a cessé jusqu’à aujourd’hui de susciter, tant chez les intellectuels et les praticiens des arts visuels que dans le public en général, l’intérêt et la controverse.

Les femmes et Refus global 

Selon l’auteure Patricia Smart, le message révolutionnaire de Refus global, après sa parution en 1948, aurait surtout été relayé par les femmes signataires du manifeste qui lui auraient ainsi donné toute sa portée en l’inscrivant directement dans la vie de tous les jours. Dans le troisième volet de cette série, nous nous intéresserons aux créations multidisciplinaires ainsi qu’aux productions culturelles innovatrices de ces artistes au destin exceptionnel dans les domaines de la peinture et de l’art public (Marcelle Ferron), de la danse (Françoise Sullivan, Jeanne Renaud, Françoise Riopelle), du théâtre (Muriel Guilbault), du design et de la télévision (Madeleine Arbour) et de la poésie (Thérèse Renaud, Suzanne Meloche). Créant un terrain fertile à l’expression des femmes, Refus global a conduit ces signataires et leurs alliées à s’engager dans un mouvement qui allait contribuer à façonner le Québec contemporain.

Conférencier

Gilles Lapointe est professeur associé au Département d’histoire de l’art de l’Université du Québec à Montréal et reconnu comme un spécialiste du mouvement automatiste québécois. Lauréat des prix Gabrielle-Roy et Victor-Barbeau, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’envol des signes. Borduas et ses lettres (Fides, 1996) et La Comète automatiste (Fides, 2008). Il a publié en 2017, aux Presses de l’Université de Montréal, dans la collection « Art + », une monumentale biographie intellectuelle consacrée à l’artiste québécois Edmund Alleyn et, en collaboration avec François-Marc Gagnon, Aller jusqu’au bout des mots (Leméac Éditeur), une fascinante correspondance amoureuse de l’artiste Paul-Émile Borduas avec Rachel Laforest.

Borduas, les femmes automatistes et refus global
Consulté 3 fois

Modifier